Le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse (photo ci-dessous, au centre) est venu soutenir et défiler avec la marche des fiertés de Montpellier ce samedi 20 juin. Nous avons pu l’interroger avant qu’il rejoigne le cortège pour nous parler de la ville et de sa tradition LGBT-friendly.

Montpellier est célébrée comme l'une des villes les plus LGBT friendly du pays. Quel message la ville souhaite-t-elle envoyer au reste de la France et à l'international en ce week-end de fierté ?
Faites comme Montpellier ! Ayez le courage de soutenir les associations. pour permettre à tout le monde de défendre ses droits. Arborez le rainbow flag qui est un symbole. N'hésitez pas à créer des espaces et soutenir les commerces LGBTQI+.Faites comme Montpellier, ou plutôt que le souffle de Montpellier porte ! Cette Pride qui se déroule aujourd'hui, elle a une histoire. Nous sommes très fiers d'avoir été la deuxième ville en région après Paris à organiser une Pride. Je m’en souviens, je venais d'avoir mon baccalauréat et j'étais là comme militant en soutien. Il y avait des figures importantes dont je voudrais saluer la mémoire : Hervé Rivier (ancien président de l’association Envie) qui a porté la lutte contre le sida et qui a toujours été là, Joël Ochoa (un des fondateurs du Groupe de libération homosexuelle à Montpellier), Jean-Paul Montanari, qui était le très grand directeur du festival Montpellier Danse et qui avait un engagement très fort autour de ce qu'on appelait la Gay Pride et des personnes LGBTQ+.
Montpellier, c'est la première ville qui a célébré un mariage entre deux personnes de même sexe et mis en œuvre la loi Taubira. Donc aujourd'hui, on va marcher, mais on va beaucoup penser au Sénégal. On va beaucoup penser à tous les gays, toutes les lesbiennes ou toutes les personnes trans menacé.es par les obscurantistes ou des théocrates, qui pensent que la religion doit s'imposer à nous. Non, on est là. Et Montpellier pavoise ses rues principales du Rainbow Flag pour dire à ceux qui viennent, quand ils viennent et qu'ils repartent que Montpellier soutient à fond ces causes-là.
Au-delà des rainbows flags de la célébration de ce week-end, quelles sont les actions menées de manière concrète par votre municipalité sur les questions LGBT+ ?
D'abord, il faut soutenir le tissu associatif. J'ai été très heureux de remettre les clés de la Maison des diversités au 3 avenue Georges Clémenceau, au président de Fierté Montpelleir Pride, Olivier Vaillé. Avec L'autre cercle, nous formons les personnels de la mairie à la lutte contre les discriminations LGBTQ+phobes. Nous formons la police municipale avec la police nationale, pour relever les atteintes homophobes et donc qu'elles puissent ensuite faire l'objet d'une instruction par le parquet. Hélas, notre Justice dans ce pays, et nous le savons de manière tragique, n'a pas assez de moyens, mais malgré tout, ce que nous faisons, c’est pour dire de quel côté est l'autorité. Le 17 mai dernier, SOS Homophobie nous rappelait cette parole qu'aujourd'hui, en ligne, il y avait la volonté de faire des pièges pour briser de l'homo. C'était glaçant, ce récit-là.Je pense aussi à des associations comme Chemin des cimes. Et puis, évidemment, nous portons une grande attention à la parentalité. Je ne suis pas là pour juger, je suis là pour soutenir les couples et les familles dans la diversité de leur existence. Voilà quelques illustrations. Je pense à la culture aussi : les artistes doivent pouvoir venir exposer, loin parfois des esprits de censure que nous rencontrons aujourd'hui dans certaines villes prises par l'extrême droite. C'est un dialogue permanent. Evidemment on aimerait faire plus. J'imagine que certains diront « il faut faire encore plus » bien sûr, mais ce qui est important c'est ce chemin-là que nous donnons et le souffle que nous y mettons.
Si vous deviez vous projeter à la fin de la décennie, quel serait le prochain grand défi que Montpellier devrait relever en termes d'accueil et d'inclusivité ?
Je vais le dire tout net, je suis très frappé de ce qui se passe au Sénégal. Et nous, on est un pays d'asile, la France. Quiconque est persécuté pour ce qu'il est et ses combats pour la liberté doit trouver asile. Et donc Montpellier prendra toute sa part. En fait, j'aimerais bien qu'en 2030, cette question ne se pose pas et que le Sénégal et d'autres pays, évidemment, évoluent et soient garants du respect de la dignité de chacun. Mais ça, c'est pour moi un enjeu absolument essentiel parce que ce que nous faisons ici à Montpellier est un combat universel. Parfois on dit « c’est le regard de l’Occident ». Non, c'est universel. Il y a partout sur la Terre des personnes qui sont persécutés parce qu'ils sont gays, parce qu’elles sont lesbiennes. Et malheureusement, la réalité semble parfois rattraper la fiction. Je pense à La servante écarlate (le roman de Margaret Atwood, adapté en série). Et rappelons-nous que quand on touche aux droits des femmes, ce qui est ligne de mire derrière ce sont les droits des homosexuels. Et quand on touche aux droits des homosexuels, on touche aux droits des femmes. Ou quand on touche aux droits des homosexuels, le racisme n’est jamais loin. Alors moi, je fais mienne cette grande maxime. d'un poète du XIXèle siècle, Alphonse De Lamartine, « Je suis de la couleur de ceux qu'on persécute ». Donc en 2030, résolument, nous serons là.
VOIR EGALEMENT : Les photos de la Pride de Montpellier pour Sexosafe
Photo : Michaël Delafosse à la marche des fiertés de Montpellier en juin 2026. Xavier Héraud
