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  • La junte militaire du Mali, dirigée par le colonel Assimi Goïta, a promulgué une loi criminalisant l’homosexualité, désormais qualifiée d’« attentat à la pudeur ». Entrée en vigueur le 13 décembre 2024, cette législation impose jusqu'à 7 ans de prison et une amende de 500 000 francs CFA, dans un pays où le revenu annuel moyen est de 870 USD. La loi cible également tout acte ou propos pouvant être interprété comme une promotion de l’homosexualité, ouvrant la voie à des abus et à une stigmatisation accrue des personnes LGBTQ+.

    Depuis le coup d’État de mai 2021, la junte utilise des enjeux sociétaux pour renforcer son emprise sur la population, exacerbant ainsi les tensions internes. Les organisations de défense des droits humains demandent une réaction de la communauté internationale pour inciter la junte à respecter les droits fondamentaux.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le Conseil d'État a rendu, le 27 janvier 2025, une décision marquante sur le changement de prénom et de genre à l'état civil, en réponse à des recours d'associations et de particuliers. Bien qu'il ait rejeté leurs demandes, la haute juridiction a amorcé un cadre juridique plus inclusif pour les personnes transgenres, intersexes et non binaires.

    La loi de 2016 avait démédicalisé la procédure de changement de sexe, mais des critiques persistaient sur l'obligation de « passing », qui conditionnait le changement à l'apparence physique. Le Conseil d'État a affirmé que l'apparence ne devrait pas être un critère déterminant, signalant ainsi la fin de cette exigence. Cette décision pourrait également faciliter le changement de prénom pour les personnes intersexes et non binaires, remettant en cause le principe de binarité des genres dans le droit français.

    Des organisations comme Mousse envisagent déjà des actions pour supprimer les marqueurs de genre à l'état civil, s'inspirant des pratiques de pays comme l'Espagne et le Danemark.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La police métropolitaine de Jakarta a mené une opération controversée samedi 1er février dans un hôtel du quartier de Kuningan, où une fête gay se tenait. Au total, 56 individus ont été interpellés, dont trois organisateurs, identifiés sous les initiales RH, RE et BP, qui risquent jusqu'à 15 ans de prison pour violation de la loi sur la pornographie explique le Jakarta Daily. « L'équipe a été soutenue par la direction de l'hôtel et le personnel de sécurité », a déclaré Ade Ary Syam Indradi, porte-parole de la police, lors d'une conférence de presse. Les forces de l’ordre ont saisi des contraceptifs et des médicaments anti-VIH sur les lieux, renforçant le caractère répressif de cette intervention. Bien que les actes homosexuels consensuels ne soient pas criminalisés, le code pénal indonésien punit les comportements obscènes et les actes impliquant des mineurs. Ade Ary a également rappelé au public de respecter les lois et normes morales, déclarant : « que cela serve de rappel à tous pour faire respecter la loi et la décence morale. »

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Dans le cadre du budget participatif de la ville, les habitants ont choisi ce projet, porté notamment par l’association Fiertés Colorées. L’œuvre devra évoquer la mémoire LGBT+ de manière formelle ou allégorique, en incluant toutes les identités de cette communauté. Elle doit être exempte de toute connotation sexuelle explicite.

    Une plaque commémorative devra être installée à proximité de l’œuvre, portant le texte suivant : « à la mémoire de toutes les personnes LBGTQIA+ agressées, violées, tuées par la haine anti-LGBTQIA+. À la mémoire des personnes LGBTQIA+ décédées du VIH et du sida. À la mémoire des personnes LGBTQIA+ déportées lors de la Seconde Guerre Mondiale en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre. Pour la justice, pour l’égalité, nous ne vous oublions pas. »  Des dents ont grincé sur les réseaux sociaux. Il y aura toujours des réacs ignorant la mémoire de TOUTES les communautés…

    Bruno De
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  • Le G-A-Y Bar, emblématique de la vie nocturne londonienne et de la communauté LGBTQ+, est désormais à vendre. Son propriétaire, Jeremy Joseph, a exprimé son ras-le-bol face aux réfractaires/opposants et aux restrictions de licence qui, selon lui, « ruinent Soho » comme il l’explique dans le quotidien Metro London.

    Ce lieu, qui a perdu de son dynamisme, est devenu un fardeau financier, notamment après la fermeture temporaire de son autre établissement, le Heaven Nightclub, suite à des accusations graves.

    Malgré ses efforts pour maintenir le G-A-Y Bar ouvert, notamment en envisageant de prolonger les horaires d'ouverture, Jeremy fait face à une opposition systématique de la Soho Society et des autorités locales. Il déplore un manque de soutien pour l'hôtellerie et les espaces LGBTQ+, affirmant qu'Old Compton Street a perdu son identité queer. Le bar, qui s'étend sur trois étages, offre une atmosphère conviviale avec un rez-de-chaussée élégant, une boîte de nuit au sous-sol et des espaces de détente au premier étage. Malheureusement, la fermeture du G-A-Y Late en novembre 2023 avait déjà annoncé une tendance inquiétante pour les lieux LGBT de Soho. La vente du G-A-Y Bar soulève des questions sur l'avenir de la culture nocturne queer de Londres. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • L’association les Ours de Paris ont ouvert les candidatures le 8 février. Alors que tu sois loutre, chubby, daddy, si tu veux représenter la fierté ours tout au long de l’année, dans les Marches et toutes les autres manifestations où la visibilité de la communauté revêt son importance, demande ton dossier à lesoursdeparis@gmail.com.

    instagram.com/lesoursdeparis

    Bruno De
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  • Andrzej Stekala, sauteur à ski polonais de 29 ans, a fait son coming out sur Instagram le 1er janvier 2025, marquant un tournant significatif dans sa vie personnelle et professionnelle. Ce geste audacieux intervient quelques semaines après la perte de son compagnon, décédé en novembre.

    Dans son message, il confie avoir vécu dans la peur et le secret pendant des années, craignant que son homosexualité nuise à sa carrière. « Je suis gay », écrit-il, soulignant la douleur de sa révélation après des années d'amour caché. Stekala évoque la relation profonde qu'il a partagée avec son partenaire depuis 2016, affirmant que chaque jour sans lui est un combat. Son annonce est d’autant plus significative dans un pays où les droits LGBT+ sont largement ignorés. Avec deux médailles de bronze à son actif, Andrzej espère désormais vivre librement, sans cacher qui il est.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le gouvernement britannique a lancé un programme de reconnaissance financière de 75 millions de livres sterling pour compenser les injustices subies par les anciens combattants LGBT, renvoyés en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre. Ce programme, conçu après des consultations avec les vétérans, offre 50 000 livres aux anciens combattants licenciés, avec des versements potentiels allant jusqu'à 70 000 livres. Les vétérans concernés pourront également demander un rétablissement de leur grade et une modification de leur motif de libération.

    Le programme, qui a ouvert les candidatures en décembre 2024, inclut des fonds pour des organisations caritatives aidant les anciens combattants dans leurs démarches. Alistair Carns, ministre des anciens combattants, a souligné la nécessité de réparer les erreurs du passé et de reconnaître la contribution des vétérans LGBT à la sécurité nationale.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Avis aux anglophones ! Dans son ouvrage Becoming lesbian, l'historienne Tamara Chaplin s'attaque à une question cruciale : comment une sous-culture marginalisée a-t-elle su utiliser les médias modernes pour transformer les perceptions du désir sexuel ? À travers une analyse minutieuse, elle met en lumière l'histoire souvent négligée de l'intimité féminine entre personnes du même sexe, en l'inscrivant dans un combat plus large pour le contrôle de la sphère publique.

    Chaplin ne se contente pas de nous livrer un récit linéaire. Elle plonge dans des archives inédites, puisant dans la culture des cabarets, la sexologie, les dossiers de police, mais aussi dans des médias contemporains tels que la radio, la télévision et même le Minitel, précurseur de l'Internet. Ce faisant, elle révèle une trame complexe où se mêlent désirs, luttes et revendications.

    Loin de se limiter à une simple chronologie, Becoming Lesbian explore comment des femmes de divers horizons, à la fois raciaux et socio-économiques, se sont appropriées le terme « lesbienne » et ont utilisé les espaces publics pour revendiquer leur place dans la société. En commençant par les cabarets saphiques du Paris de l'entre-deux-guerres, Chaplin met en exergue un paradoxe saisissant : ces lieux, tout en exploitant le désir homosexuel féminin à des fins lucratives, ont également permis l'émergence d'un contre-public féminin homosexuel. Cependant, cette thèse rencontre une opposition : le mythe selon lequel la Seconde Guerre mondiale aurait anéanti cet élan est vigoureusement réfuté par Chaplin.

    Au contraire, elle démontre que les sous-cultures saphiques de l'avant-guerre ont non seulement survécu, mais ont prospéré dans l'après-guerre, posant ainsi les jalons de la politisation de l'identité lesbienne au XXIe siècle.

    Ce renversement de perspective soulève des questions sur la manière dont l'histoire a été écrite et sur les récits que nous choisissons de célébrer. Cet ouvrage qui représente une contribution essentielle aux études queer et aux généalogies des médias et de leurs publics interroge jusqu'à quel point ces récits sont-ils intégrés dans notre compréhension collective de l'histoire de l'histoire moderne de la France ?

    Becoming lesbian, a queer history of modern France de Tamara Chaplin, Ed. University of Chicago Press, 464 pages, disponible sur University of Chicago.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La récente annonce de la mairie de Torremolinos concernant un événement homophobe prévu par le club Fatima Ino a provoqué une onde de choc dans cette ville, traditionnellement accueillante pour la communauté LGTBI. Le règlement de l'événement, qui excluait explicitement les « pédés » parmi d'autres comportements jugés inappropriés, a été perçu comme une attaque directe contre les valeurs de tolérance et de diversité qui caractérisent Torremolinos. Margarita del Cid, la mairesse, a rapidement dénoncé ces règles sur les réseaux sociaux.

    Cette réaction de la mairie n'est pas seulement symbolique : elle se traduit par une volonté d'agir légalement contre les promoteurs de l'événement, considérant leurs propos comme un crime de haine. Del Cid a souligné que les services juridiques de la mairie et des groupes LGTBI travaillent ensemble pour mettre fin à cette situation inacceptable. En outre, le fait que l'événement ait été annoncé sans aucune autorisation légale renforce l'engagement de la municipalité à protéger ses valeurs inclusives. En réponse à cette controverse, la mairesse a également été la cible d'attaques sur les réseaux sociaux, illustrant la polarisation croissante autour des questions de droits LGTBI en Espagne.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • La Cour constitutionnelle de Lituanie a déclaré le 18 décembre, inconstitutionnelle une loi adoptée en 2009, connue sous le nom de « loi sur la protection des mineurs ».

    Celle-ci interdisait la diffusion d'informations sur le mariage homosexuel et les questions LGBTQI, jugée nuisible pour la jeunesse, explique Le Courrier international. Vladimiras Simonko, président de la Ligue gay de Lituanie, a salué cette décision, affirmant que c'était un moment pour tourner une page honteuse.La loi, adoptée par un Parlement conservateur, prétendait protéger les valeurs familiales en interdisant toute promotion d'idées divergentes concernant le mariage et la famille.Ce revirement de situation marque un tournant, permettant aux jeunes LGBTQI de vivre plus librement en Lituanie. 

    Julien Claudé-Pénégry
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